TrilateralArchitecte à Nancy
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Travaux sur une maison Art nouveau à Nancy

Villas de Saurupt, maisons de la rue Félix-Faure, immeubles de l'avenue Foch : l'Art nouveau de Nancy est protégé à trois niveaux, qui ne demandent pas les mêmes démarches.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

La villa Majorelle, en pierre de taille, derrière son mur de clôture et sa grille, à l'angle d'une rue, sous un ciel bleu.
La villa Majorelle, 1 rue Louis-Majorelle, d'Henri Sauvage et Lucien Weissenburger : classée en 1996, mur de clôture et portail compris ; en zone U du PLUi-HD.[1][2]Photo Chabe01, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

Trois protections se superposent. Une partie des maisons et immeubles Art nouveau est protégée au titre des monuments historiques, souvent pour la seule façade et la toiture sur rue.[1] Autour de chaque monument, les abords imposent l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France pour les travaux visibles avec lui.[3][4] Enfin, le PLUi-HD protège 216 éléments bâtis à Nancy, dont de nombreuses villas, maisons de ville et immeubles de rapport, avec des règles par typologie : démolition interdite, extensions limitées, surélévation interdite pour une villa.[5]

216Éléments bâtis protégés par le PLUi-HD à Nancy (NAN-001 à NAN-216)
≈ 62 %De la commune dans un cercle de 500 m autour d'un monument, hors sites patrimoniaux, d'après notre calcul
FaçadeSouvent la seule partie protégée : le reste de l'immeuble est en abords
1976Inscription du parc de Saurupt parmi les sites

Les monuments historiques de l'Art nouveau

L'export de la base Mérimée compte 259 notices pour Nancy ; 54 portent une date comprise entre 1890 et 1914.[1] Une sélection :

Maisons et immeubles Art nouveau protégés au titre des monuments historiques (sélection)
ÉdificeAdresseParties protégées et arrêtésNotice
Villa Majorelle1 rue Louis-MajorelleVilla, y compris le mur de clôture et le portail : classement du 28 novembre 1996PA00106322
Maison Bergeret24 rue LionnoisMaison : classement du 5 juillet 1996PA00106234
Villa Les Glycines5 rue des BriceÉcuries et porche : inscription du 25 février 1994 ; villa, mur d'enceinte et grilles : classement du 18 juillet 1996PA00132627
Maison2 rue des BriceFaçades et toitures : inscription du 4 mai 1994PA00132626
Villa Marguerite3 rue du Colonel-RenardFaçades, toitures et grille de clôture : inscription du 4 mai 1994PA00132629
Villa Lang1 boulevard Georges-ClemenceauFaçades, toitures et clôture : inscription du 4 mai 1994PA00132636
Villa Fruhinsholz77 avenue du Général-LeclercPropriété : inscription du 30 mars 1992PA00106454
Maison de Lucien Weissenburger1 boulevard Charles-VMaison inscrite le 3 juin 1994 ; façades, toitures et cloisons vitrées de Gruber classées le 12 avril 1996PA00106181
Maison Gaudin97 rue Charles-IIIMaison inscrite le 4 mai 1994 ; façades, toitures et trois pièces à décor classées le 28 novembre 1996PA00106182
Maison Huot92 et 92 bis quai Claude-le-LorrainFaçade et toiture sur rue : inscription du 4 mai 1994PA00106184
Maison Le Jeune30 rue du Sergent-BlandanClôture, garage, façades et toitures : inscription du 4 février 1988PA00106302
Parc Corbin36 rue du Sergent-BlandanParc en totalité, avec l'aquarium et le bassin : inscription du 21 avril 1998PA54000010
Cinq maisons24, 25, 26, 28 et 30 rue Félix-FaureFaçade et toiture (sur rue pour quatre d'entre elles) : inscription du 4 mai 1994PA00132631 à PA00132635
Maison Bloch50 cours LéopoldFaçades, toitures et plusieurs décors intérieurs : inscription du 16 décembre 2004PA00106232
Immeuble France-Lanord71 avenue FochFaçade et toiture sur rue : classement du 3 décembre 1998PA00106195
Immeuble69 avenue FochFaçade et toiture sur rue : classement du 28 novembre 1996PA00106194
Immeuble du Crédit Lyonnais7 bis-9 rue Saint-GeorgesHall, verrière et structure attenante : classement du 28 novembre 1996PA00106106
Ancienne banque Renauld9 rue de ChanzyHall, escaliers et bureaux inscrits le 4 mai 1994 ; façades et toitures classées le 28 novembre 1996PA00106178
Hôtel Excelsior1 rue MazagranFaçades, toitures et salle de brasserie : classement du 22 juin 1976PA00106114
Ancien établissement d'Émile Gallé86 boulevard Jean-JaurèsFaçades, toitures et éléments de structure de l'ancien atelier : inscription du 24 octobre 2003PA54000057

Export de la base Mérimée du 27 août 2025, champ « précision de la protection ».[1]

  • Partie inscrite : tous les travaux, sauf l'entretien, demandent un permis de construire, instruit en 5 mois, avec l'accord du service des monuments historiques ; sans réponse, la demande est rejetée.[6][7][8][9]
  • Partie classée : une autorisation au titre des monuments historiques, qui dispense de permis.[10][11]
  • Le reste de l'immeuble : la protection au titre des abords s'applique « à toute partie non protégée au titre des monuments historiques d'un immeuble partiellement protégé ». Remplacer les fenêtres sur jardin d'une maison dont seule la façade sur rue est inscrite demande donc l'accord de l'ABF.[3][4]
La maison Weissenburger, en pierre claire, avec une haute souche de cheminée, un toit d'ardoise et des balcons de fer, à l'angle d'un boulevard.
La maison de Lucien Weissenburger, 1 boulevard Charles-V (1903) : inscrite en 1994, façades, toitures et cloisons vitrées de Gruber classées en 1996 ; dans le secteur sauvegardé.[1][2]Photo Chabe01, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Les abords : 500 m et la covisibilité

Faute de périmètre délimité, les abords couvrent tout immeuble « visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci ».[3] À Nancy, la liste des servitudes recense pour chaque monument un « périmètre de protection de 500 m » ; aucun périmètre délimité n'y figure pour la commune.[12]

D'après notre calcul sur les couches du Géoportail de l'urbanisme, ces cercles couvrent environ 74,6 % de la commune, et 61,8 % hors des sites patrimoniaux remarquables, où les abords ne s'appliquent pas. Seul un quart de Nancy, environ, n'est ni en site patrimonial ni à moins de 500 m d'un monument.[2][3] Dans ces cercles, l'architecte vérifie la covisibilité sur place : un projet invisible du monument et jamais vu en même temps que lui n'est pas en abords.

  • Les travaux qui modifient l'aspect extérieur d'un immeuble en abords sont soumis à autorisation, avec l'accord de l'ABF, le cas échéant assorti de prescriptions.[13][4]
  • Le délai d'instruction est majoré d'un mois ; le ravalement et la clôture y demandent une déclaration préalable, et la démolition un permis.[14][15][16][17]
  • Pour un permis, si l'ABF a rendu à temps un avis défavorable ou un accord avec prescriptions, le silence de la mairie vaut refus ; une déclaration préalable sans réponse vaut non-opposition tacite.[18][19]

Les éléments bâtis protégés par le PLUi-HD

L'annexe n° 1 du règlement liste 216 éléments bâtis protégés à Nancy au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : villas de Saurupt et du quai Claude-le-Lorrain, maisons de ville, immeubles de rapport, mais aussi églises, hôpitaux et casernes.[5] Pour ces éléments, « ces prescriptions se substituent à celles édictées aux articles “qualité architecturale et urbaine”, “implantations” et “hauteurs” du règlement écrit » (annexe n° 1 du règlement du PLUi-HD, p. 3, vérifiée le 28 octobre 2026).[5]

  • Démolition interdite, sauf péril imminent, éléments superflus ou adjonctions postérieures (annexe n° 1 du règlement du PLUi-HD, p. 42, vérifiée le 28 octobre 2026).
  • Extensions : jamais sur la façade sur rue ni devant elle ; possibles sur les façades secondaires et les dépendances, sauf façade d'intérêt, en formes simples (annexe n° 1 du règlement du PLUi-HD, p. 54, vérifiée le 28 octobre 2026).
  • Surélévation : interdite pour une villa ; admise pour une maison de ville ou un immeuble de rapport, en continuité du dessin de façade ou en attique (annexe n° 1 du règlement du PLUi-HD, p. 55, vérifiée le 28 octobre 2026).
  • Démarches : modifier un élément protégé, le ravaler ou le démolir demande une déclaration préalable ou un permis de démolir.[20][15][17]

Hors de cette liste, beaucoup de maisons de l'époque sont dans un « ensemble urbain » du PLUi-HD : maisons de ville et immeubles de rapport, villas, habitat groupé. Leurs règles d'aspect sont détaillées dans le guide des maisons de ville et villas.[21]

Le parc de Saurupt

La cité-jardin de Saurupt réunit plusieurs monuments : la villa Les Glycines et la maison du 2 rue des Brice, la villa Marguerite, la villa Lang, la loge du concierge de la cité-jardin.[1][12] Le PLUi-HD y protège aussi des ensembles : les villas du secteur de Saurupt (NAN-062) et quatre ensembles de maisons (NAN-188 à NAN-191).[5]

Le parc de Saurupt est un site inscrit depuis le 5 mai 1976, sur environ 3,6 ha d'après notre calcul.[22][12][2] En site inscrit, l'ABF donne un avis simple et les travaux attendent 4 mois après le dépôt.[23] Mais la servitude du site inscrit « n'est pas applicable aux immeubles protégés au titre des abords » : pour une maison visible depuis l'une des villas protégées, ce sont les abords, et l'accord de l'ABF, qui s'appliquent.[3]

Un exemple réel

Pour un point de la rue Émile-Gallé, le pré-diagnostic lit cinq périmètres d'abords (l'établissement Gallé, la villa Lang, la villa Marguerite, la villa Les Glycines, la loge du concierge), un ensemble de maisons de ville et d'immeubles de rapport, l'implantation à l'alignement et une hauteur de façade de 9 m en limitation souple.[2] L'exemple complet figure sur la page du pré-diagnostic.

La villa Les Glycines : façade de pierre claire, grande baie en arc, balcons de fer turquoise, toit de tuiles rouges, derrière une haie.
La villa Les Glycines d'Émile André, 5 rue des Brice, à Saurupt : villa, mur d'enceinte et grilles classés en 1996.[1]Photo B. Cussenot, domaine public, Wikimedia Commons

Ce que nous vérifions pour votre maison

  1. La notice Mérimée, si la maison est elle-même protégée : quelles parties, depuis quand, inscrites ou classées.[1]
  2. Les monuments à moins de 500 m et la covisibilité, sur place et sur photographies.[3]
  3. La fiche de l'annexe n° 1 ou l'ensemble urbain du PLUi-HD, et leurs règles par typologie.[5][21]
  4. Le site inscrit de Saurupt, s'il s'applique encore à la parcelle.[22]

Le dossier joint alors les pièces que demande un secteur protégé : photographies proches et lointaines, notice des matériaux, détails des menuiseries, ferronneries et décors.[24][25]

Haut de la façade de l'immeuble France-Lanord : loggia à colonnettes et balcons de fer forgé, arcs soulignés de brique rouge, toit d'ardoise percé de lucarnes.
L'immeuble France-Lanord d'Émile André, 71 avenue Foch : façade et toiture sur rue classées en 1998 ; en zone U du PLUi-HD.[1][2]Photo Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, CC BY 2.0, recadrée, Wikimedia Commons

Questions fréquentes

Ma maison Art nouveau n'est pas monument historique : suis-je libre ?

Pas forcément. Elle peut être dans les abords d'un monument, être un élément bâti protégé par le PLUi-HD ou appartenir à un ensemble urbain, avec des règles d'aspect précises. Le pré-diagnostic lit ces couches pour votre adresse.[3][5][21]

Peut-on surélever une villa protégée à Nancy ?

Non : pour les villas protégées par le PLUi-HD, les surélévations sont interdites ; elles le sont aussi dans les ensembles de villas.[5][21]

Faut-il un permis pour changer les fenêtres d'une façade inscrite ?

Oui : tous les travaux portant sur une partie d'immeuble inscrite, autres que l'entretien, sont soumis à permis de construire.[6]

Voir aussi

Sources consultées (25)

Votre projet commence par une adresse

Le pré-diagnostic lit les bases publiques pour votre parcelle ; l'architecte vous répond ensuite par email.

Gratuit et sans engagement.