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Place Stanislas, Carrière, Alliance : travaux dans le bien UNESCO

Les trois places du XVIIIe siècle sont inscrites au patrimoine mondial depuis 1983. Pour un propriétaire, la protection ne vient pas de l'UNESCO lui-même, mais des monuments historiques et du PSMV, qui se superposent.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

La place Stanislas, vaste et dallée, vers l'hôtel de ville et la statue de Stanislas, quelques passants au loin.
La place Stanislas vers l'hôtel de ville : avec les places de la Carrière et d'Alliance, elle est inscrite au patrimoine mondial depuis 1983.[1][2]Photo Bjoertvedt, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
La réponse courte

Le bien « Place Stanislas, Place de la Carrière et Place d'Alliance à Nancy » est inscrit sur la liste du patrimoine mondial depuis 1983 ; sa zone tampon coïncide, d'après notre calcul, avec le périmètre du PSMV.[1][2][3] L'inscription n'ajoute pas d'autorisation : ce sont les règles des monuments historiques et du PSMV qui s'appliquent.[4][5] Sur ces places, la plupart des façades et toitures sont classées ou inscrites monuments historiques : sur une partie inscrite, tous les travaux autres que l'entretien demandent un permis de construire ; sur une partie classée, une autorisation au titre des monuments historiques.[6][7][8][9]

1983Inscription au patrimoine mondial
≈ 7 haLe bien inscrit ; 166 ha pour sa zone tampon, d'après la couche officielle
FaçadesCelles des trois places sont classées ou inscrites monuments historiques
5 moisInstruction d'un permis sur un immeuble inscrit

Le bien inscrit et sa zone tampon

L'UNESCO décrit un ensemble réalisé de 1752 à 1756 sous la direction d'Emmanuel Héré et l'a inscrit au titre des critères (i) et (iv).[1] Le PSMV en donne le périmètre : l'hémicycle du Général-de-Gaulle, la place de la Carrière, la place Stanislas et la place d'Alliance (règlement du PSMV, p. 91, vérifié le 28 octobre 2026).[5]

Les annexes du PLUi-HD rappellent qu'une zone tampon « est délimitée par le préfet de région en concertation avec les collectivités territoriales concernées », et qu'un plan de gestion arrêté par le préfet de région couvre le bien et sa zone tampon.[4] D'après notre calcul sur les couches du Géoportail de l'urbanisme, le bien couvre 7,0 ha et la zone tampon 166 ha, la même surface que le PSMV ; l'UNESCO indique pour sa part une zone tampon de 159 ha proposée sur le périmètre étendu du site patrimonial remarquable.[3][1]

Ce que nous n'affirmons pas

Nous n'avons pas lu la décision qui délimite la zone tampon ni le plan de gestion du bien : nous ne leur attribuons aucune règle. Pour un projet, les règles opposables sont celles du PSMV et, pour les immeubles protégés, celles des monuments historiques.

La fontaine d'Amphitrite encadrée de grilles en fer forgé doré, sous de grands arbres, à l'angle de la place Stanislas.
La fontaine d'Amphitrite et ses grilles : les grilles et fontaines de la place Stanislas sont classées monuments historiques depuis 1886.[6]Photo Zairon, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Des façades monuments historiques

Protection des immeubles des trois places, d'après les notices Mérimée
LieuCe qui est protégéProtection
Place StanislasHôtel de ville ; façades et toitures des immeubles ; l'opéra, l'hôtel Jacquet en totalité ; grilles et fontainesClassement de 1886 (hôtel de ville, grilles et fontaines) à 1929
Rue HéréFaçades et toitures des immeublesClassement de 1928
Place de la CarrièreFaçades et toitures de la plupart des immeubles ; palais du Gouvernement, hôtel de Craon, ancienne Bourse des marchandsInscription du 7 février 1925 pour les immeubles ; classement pour les édifices
Place d'AllianceFaçades et toitures des immeubles ; fontaine ; sol et plantationsInscription de 1950 et 1956 ; fontaine classée en 1925

Export de la base Mérimée du 27 août 2025, champ « précision de la protection » de chaque notice.[6]

La protection porte en général sur la façade et la toiture. Le reste de l'immeuble n'est pas pour autant libre : le PSMV classe ces parties non protégées en type A ou B, avec leurs propres règles, intérieurs compris (règlement du PSMV, p. 49, vérifié le 28 octobre 2026).[5]

La place de la Carrière, longue esplanade entre deux alignements d'arbres taillés, un palais à colonnes au fond.
La place de la Carrière : l'arc de triomphe et l'hémicycle sont classés depuis 1923, et la plupart des façades et toitures de la place sont inscrites depuis 1925.[6]Photo Marc Ryckaert, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Quelle autorisation pour quels travaux

Le régime selon la protection de la partie d'immeuble concernée
Partie concernéeAutorisationDélai et silence
Façade ou toiture inscrite monument historique (fenêtres, couverture, ravalement…)Permis de construire, sauf entretien ou réparations ordinaires, avec l'accord du service des monuments historiques5 mois ; sans réponse, refus
Façade ou toiture classée monument historiqueAutorisation au titre des monuments historiques ; elle dispense de permis et de déclaration, avec l'accord de l'autorité qui délivre le permisTravaux sous le contrôle scientifique et technique de l'État
Partie non protégée (cour, intérieur, façade arrière) dans le PSMVDéclaration préalable ou permis selon les travaux, avec l'accord de l'ABF2 mois pour une déclaration, 3 ou 4 mois pour un permis

Code de l'urbanisme, articles R*421-16, R*423-28 et R*424-2 ; code du patrimoine, articles L621-9, L621-27 et L632-2 ; code de l'urbanisme, articles L425-5 et R423-24.[7][10][11][8][9][12][13][14]

Ce que dit le texte — code de l'urbanisme, article R*421-16

« Tous les travaux portant sur un immeuble ou une partie d'immeuble inscrit au titre des monuments historiques sont soumis à permis de construire, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires et des travaux répondant aux conditions prévues à l'article R. 421-8. »

[7]

Changer les fenêtres d'un appartement de la place de la Carrière, dont la façade est inscrite, relève donc du permis de construire, et non d'une simple déclaration.[6][7]

Immeuble d'angle en pierre de la place d'Alliance, deux étages de hautes fenêtres au-dessus d'un rez-de-chaussée à arcades.
L'immeuble du 2 place d'Alliance : façade et toiture inscrites monuments historiques en 1950, comme celles des immeubles voisins.[6]Photo Cédric Amey, CC BY-SA 3.0, recadrée, Wikimedia Commons

Les règles du PSMV propres aux places

  • « Sur les versants visibles des immeubles bordant les places situées dans le périmètre classé au patrimoine de l'UNESCO, les lucarnes et châssis de toit ajoutés depuis la construction originelle doivent être supprimés » (règlement du PSMV, p. 60, vérifié le 28 octobre 2026).
  • La balustrade en pierre de taille qui couronne les façades est une « spécificité des immeubles bordant les places du périmètre du patrimoine UNESCO » : elle est conservée, ou reconstituée si elle a disparu (règlement du PSMV, p. 62, vérifié le 28 octobre 2026).
  • « Tout aménagement modifiant l'aspect et la lecture patrimoniale du site inscrit comme Bien français au patrimoine de l'Unesco est interdit » (règlement du PSMV, p. 100, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Dans le périmètre du bien, seules la place Stanislas et la rue Héré peuvent accueillir des terrasses ; les stores bannes suivent les chartes de la ville (règlement du PSMV, p. 91, vérifié le 28 octobre 2026).

Règlement du PSMV, pages imprimées entre parenthèses.[5] Les autres règles du PSMV s'appliquent aussi : voir le guide du secteur sauvegardé.

Gravure ancienne : la place de la Carrière vue en perspective, bordée de façades ordonnancées, animée de cavaliers et de carrosses.
« Veüe septentrionale de la Carrière de Nancy », gravure de Dominique Collin dédiée au roi de Pologne, duc de Lorraine (titre de l'œuvre).Photo Dominique Collin, CC0, recadrée, Wikimedia Commons

Préparer le dossier

Pour un immeuble protégé, le dossier se prépare avec la notice Mérimée en main : elle dit si la façade, la toiture, un escalier ou un décor est protégé, et depuis quand.[6] Nous lisons ensuite la légende du PSMV pour les parties non protégées, puis nous préparons des pièces adaptées : relevé photographique, description des menuiseries existantes, détails d'exécution.

L'unité départementale de l'architecture et du patrimoine de Meurthe-et-Moselle reçoit sur rendez-vous ; un échange avant le dépôt évite souvent une demande de pièces.[15]

Questions fréquentes

Faut-il une autorisation de l'UNESCO pour des travaux place Stanislas ?

Non. L'UNESCO ne délivre pas d'autorisation : les travaux relèvent du code de l'urbanisme et du code du patrimoine, avec les règles du PSMV et, pour les parties protégées, celles des monuments historiques.[4][5]

Changer ses fenêtres place de la Carrière : déclaration ou permis ?

La plupart des façades de la place de la Carrière sont inscrites monuments historiques depuis 1925 : tous les travaux qui ne sont pas de l'entretien demandent alors un permis de construire, instruit en 5 mois.[6][7][10]

Peut-on ajouter un châssis de toit sur la place Stanislas ?

Non sur les versants visibles : le PSMV impose même de supprimer les lucarnes et châssis ajoutés depuis la construction d'origine sur les immeubles des places du bien UNESCO.[5]

Voir aussi

Sources consultées (15)

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